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dans la défense du patrimoin ligérien
dans la défense du patrimoin ligérien
Aprilis a placé la défense et l'illustration de son patrimoine au cœur de son projet associatif. Nous partageons cette vocation avec de nombreuses associations ligériennes qui œuvrent elles aussi à rappeler et à mettre en valeur le legs historique et culturel qui nous a été légué.
Nous ouvrons cette rubrique par un échange avec l'AVPP (Association Vitalienne de Protection du Patrimoine, à Saint-Viaud, Loire-Atlantique), dont la présidente, Mme Cécile Masson, avait été intriguée par les photos de tue-vents qui abritaient autrefois les fendeurs d'ardoise du bassin angevin. Nous lui avons fourni des explications complémentaires et une photo, qu'elle a choisi d'ajouter sur le site web de l'AVPP :
https://patrimoinevitalien.wordpress.com/
En signe de réciprocité, nous publions sur notre site son témoignage sur les loges de roseaux, qui étaient utilisées sur les rives de l'estuaire de la Loire et qui, jusqu'au milieu du XXe siècle, protégeaient le petit matériel agricole des fermes riveraines. Deux matériaux, deux terroirs, une même ingéniosité paysanne : celle de bâtir un abri simple et efficace avec ce que la nature offrait localement. Nous vous invitons à découvrir ces loges de roseaux, telles que l'AVPP les fait revivre aujourd'hui.
La loge de Grand'Fontaine, achevée en 2024 par l'AVPP
"Le long de l'estuaire de la Loire, les vastes roselières ont longtemps nourri une économie paysanne discrète. Chaque année, en fin d'été, durant la période de mortes-eaux, les roseaux étaient fauchés à la faucille par des coupeurs équipés de sabots et de guêtres de toile, un travail pénible sur des sols souvent vaseux et au contact de tiges coupantes comme des rasoirs. Les tiges étaient réunies en bottes, les « javelles », qu'un bon coupeur pouvait produire à raison de deux-cent-cinquante à trois cents par jour, puis transportées par bateau (la toue) ou à l'épaule jusqu'aux fermes.
Les plus beaux roseaux, hauts de trois à quatre mètres, servaient à couvrir les granges ou à construire les loges, tandis que les roseaux de moindre qualité faisaient office de litière hivernale pour le bétail.
La loge elle-même était un petit abri léger, très répandu dans les fermes du bord de Loire jusque vers 1970. Montée sur une armature de châtaignier, elle était recouverte de javelles de roseaux disposées à la façon d'un toit de chaume, sur environ vingt centimètres d'épaisseur, offrant un abri étanche et isolé du froid pour le petit matériel agricole. Sa durée de vie atteignait dix à quinze ans"